Où sont passés les 800 millions du disque ?
Le jour de l'ouverture du salon du livre de Paris, l'Express nous apprenait
que le marché français de la musique a régressé "sensiblement" en 10 ans
(1,3 milliards à 555 M€).
On peut comprendre ainsi que "internet a détruit de la valeur",
même si, dans le même temps,
il a pris en partie en partie le relais, avec 16% du chiffre d'affaires.
Notons aussi que trois modèles de business dominent,
illustrés par
Deezer (streaming),
I-tune store (téléchargement),
et Amazon (CD + digital).
• Au salon du Livre 2011, nous avons assisté à de multiples débats,
et j'ai constaté qu'une menace similaire pèse sur le marché du livre.
> certains pensent encore que le parfum de l'encre électronique
ne remplacera jamais l'odeur du papier, et que le design
de la tablette electronique ne rivalisera pas de sitôt
avec le toucher sensuel du papier ( dans une époque récente,
nous pensions la même chose pour le vynil).
> il faut en convenir : le livre electronique a passé la barre des 10%
soit un livre sur 10 vendu sous ce format en 2010 aux USA.
Car les digital natives n'auront peut-être plus la même nostalgie
pour la sensualité des encres et des papiers.
Grâce à l'efficacité de l'encre electronique (qui ne provoque plus la fatigue
des écrans digitaux classiques)
> le marché de l'édition est étroit et fragile en France - dominé par Editis,
avec 600 ME, suivi de 3 grandes maisons avec chacune à peu près 200 millions.
entenddans une coférence "B to B".... "Si Google le décide demain,
il rachète ces 4 éditeurs, presque d'une signature. Définitive."
On est bien peu de chose.
Revenons aux débats !
éditeurs - éditeurs de presse - agents - auteurs - libraires - bibliothécaires
- diffuseurs se sont beaucoup interrogés, pour savoir comment ils allaient
se défendre et se protéger - ensemble ou séparément.
Le "livre de poche" est déjà passé par là, laissant éditeurs et auteurs
exsangues
chacun
env 30 cts sur un prix de vente moyen de 6 euros.
Bref, les nouveaux modèles de partage de la marge proposés par exemple
par Apple (quand il y a encore une marge à partager )
les préoccupent bien plus que de comprendre
ce que pourraient être les nouvelles attentes des lecteurs, face à la montée
de ces nouveaux modes de transmission de la culture.
Ils pourraient imaginer d'autres services, d'autres modes d'écritures,
de partages de récits "augmentés par le web" en sortant de leur pré-carré.
Sur certains stands - un peu marginaux - on commençait à parler
heureusement de "lecture immersive" et lecture "sensuelle.
lecture experience : une lecture augmentée, enrichie, immersive
qui crée un intérêt nouveau, comme le livre-pop-up !
D'autres univers ont muté vers la création de valeur, avec un certain succès :
je pense au café, à l'heure où on ne parle plus d'acheter ou vendre un paquet
de café, mais de partager "une expérience de café" !
Une chance !
J'aimerais penser aussi comme
Marc Abel dans Télérama n°3192 :
'le numérique est une chance pour l'édition".
Et voir avec les acteurs de ce marché du livre comment "augmenter"
ensemble l'expérience de lecture grâce au numérique :
plus d'information ? plus d'émotion ? plus de mémorisation ?
plus d'échange ?
Pourquoi pas imaginer développer avec l'achat d'un livre, la puce RFID
ou le code d'accès
à un streaming à usage unique ou personnalisé :
l'accès à la lecture audio de l'ouvrage, augmentée par le talent
d'u Fabrice Lucchini exhalté.... .
Une piste parmi d'autres, pour créer de la valeur sur un terrain encore très vierge.
les lecteurs - grands absents...
En fait, le lecteur quant à lui était bien trop (pré)occupé à faire la queue
à l'entrée du Salon, et devant les caisses (45 mn), puis chez l'ouvreur ;
ensuite
devant les stands des éditeurs, pour obtenir la dédicace
de l'auteur favori. Et encore, pour trouver un café ou une chaise
pour se poser, dans le hall en effervescence.
J'ai cherché sans trouver un stand d'une association de lecteurs,
un débat de société sur l'avenir et l'enjeu de LA lecture,
la prises en compte du point de vue des hommes et des femmes
qui, au bout du compte - et pas seulement à la caisse -
contribuent au succès de ce marché.
le grand retour des coupeurs de glace ....
J'ai vu des projets prometteurs.
De nouvelles alliances : entre fabricants de lecteurs-ebook et libraires ebook ;
d es experts qui se préoccupent à leur manière du confort, de la fluidité
et de la solvabilité de la lecture et de son marché.
J'ai observé des éditeurs soucieux de ne pas laisser le lecteur
s'intercaler entre eux et LEURS auteurs. Un contact pourtant précieux.
Je me suis rappelé - avec Salah - des combats corporatistes
du syndicat des coupeurs de glaces Nord Américains :
au moment de l'arrivée des chambres froides et des "frigidaires" :
il s'agissait de continuer à expliquer au monde que leurs chevaux
étaient toujours les plus ... rapides, pour livrer les 4 coins des USA.
Des combats d'un autre temps.
J'ai repensé aussi aux peintres impressionnistes,
qui sont sortis des ateliers de peinture,
et qui ont révolutionné à leur manière l'art du paysage,
en exécutant, en plein air, les oeuvres commandées :
leurs clients avaient été séduits par la découverte des paysages
que le progrès des
transports en commun et de la photo leur avaient
permis de découvrir et d'admirer. Et ces peintres avaient su s'adapter,
en inventant des techniques nomade. Populaires.
(à voir à ce sujet : l'émergeance du paysage à "Nature et ideal" au Grand Palais),
J'ai forcément repensé au progrès : ma conviction reste
sont portés par leur vision de progrès,
et qu'il est vain de vouloir s'interposer pour arrêter ou en ralentir sa progression.
Certes il faut le canaliser pour éviter qu'il ne "détruise trop de valeur" :
nous, entrepreneurs, percevons notre mission comme celle d'être vigilants et inventifs,
pour déceler et mettre en oeuvre des nouvelles sources de valeur-ajoutée.
Mais j'ai aussi rencontré de nombreux auteurs pendant ces 3 jours.
Nous avons beaucoup échangé sur la situation.
Et je me suis dit que nous avions - champions du web 2.0 - peut être
de nouvelles médiations à inventer, un nouveau rôle à jouer,
pour mieux réconcilier le lecteur et l'auteur, l'auteur avec le lecteur.
Nous appliquons nos convictions et nos savoir faire avec nos clients
dans les marché de l'intérim, de la sécurité, du shopping,
de la restauration, dans l'univers de la chambre d'hôte, de la décoration,
de la piscine, de la télésurveillance et de la banque.....
pourquoi ne pas les appliquer aussi dans l'univers de la lecture ?
C'est ici le point de départ d'une histoire :
nous avons lancé une réflexion, et peut être demain un grand projet,
au nom de code prometteur : "leezer".
Pour rester connecté sur ce projet, demandez-moi l'adresse du blog qui sera dédié.
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D'ici Mai,
de nouvelles contributions y apparaitront, vos idées seront aussi les bienvenues.
Et peut-être, un grand projet verra le jour..........
> pour aller plus loin : en 2008 déjà...